Il
nous revient le Bruce. Bruce avec un B comme Boss,
Baraqué ou Burné. Il nous revient avec un album
complet, riche et fort. Springsteen est avec Bowie
le dernier représentant de la grande époque du
rock capable de faire un album sans faire honte
à son passé (pardon aux Stones, à Mc Cartney,
à Page et Plant, à Roger Waters…).
C'est
en 84, dans l'Amérique puritaine de Reagan, qu'il
avait connu son plus grand succès avec " Born
in the USA ". 1984 c'était aussi l'année de sa
dernière collaboration avec le E Street Band.
Une situation bizarrement similaire à celle d'aujourd'hui
: le E Street Band est de retour sur Rising et
l'Amérique n'a jamais été aussi puante, aussi
sirupeusement pleine de bon sentiment.
Bref
toutes les conditions sont réunies pour que le
représentant de l'autre Amérique, nous sorte un
album ébouriffant. Très largement inspiré par
la catastrophe du World Trade Center, The Rising
évite le dérapage patriotique et l'exacerbation
du sentiment de vengeance. Il nous livre, en toute
simplicité , les sentiments et les états d'âme
d'un homme qui ne comprend pas. Musicalement,
c'est du solide, du costaud. Pas forcément très
original, mais ça tient la route, c'est carré
et ça met en valeur la voix, the voice of the
Boss.
Et puis pour être sûr que tout le monde comprenne
bien les textes, Springsteen nous offre en complément
du livret intérieur du CD un autre livret avec
la traduction en français de ses chansons… la
grande classe quoi !
Christophe_2003