David Bowie
Heathen

2002
Columbia

Heathen : Adj, n, païen, barbare, sauvage. Tout est dit. Quand j'ai écouté le dernier album de David Bowie pour la première fois, je suis devenue païenne, barbare, sauvage : je ne croyais plus en rien et j'avais envie de tout casser (surtout la gueule à Tony Visconti). Bref ! Journée maudite. Et re-journée maudite : comme j'étais une des premières à acheter Heathen chez Gibert, j'ai eu une super grande affiche en cadeau, que j'ai bien entendu oubliée à Luxembourg RER B. Mais revenons à notre mouton. Ca commence quand même pas mal. Tu te dis que c'est une intro à la Pink Floyd : que ça va mettre le temps pour démarrer, mais que quand ça va démarrer, putain, ça va déchirer… Bon, là, ok, ça déchire, mais pendant un quart de seconde et hop ! La chanson est finie… C'était bon, mais… c'était court. Après, c'est cactus… Tu sens la création, tu sens le travail, la pureté, le génie de l'artiste, le génie… des Pixies ! Et oui ! Bon, ok, la reprise de Bowie vaut le coup, même carrément, mais… heu… c'est quand même la meilleure chanson de l'album.

On peut résumer le reste en quelques mots : mélopée stridente, barbante, bof. C'est la première fois, la première fois, que je me suis vue profaner un cd de Bowie, c'est à dire : lors de la première écoute, zapper des chansons en plein milieu. Païenne. Et puis sa voix… David, où as tu mis ta voix ? Où as-tu mis ton ténébreux " grand control to Major Tom " ? Au placard, Major Tom ! En fait, le problème c'est que Bowie va trop dans les aigus. On aimait, que dis-je, on adulait, ses embardées stridentes, ses promenades dans les aigus, là où la voix devient incertaine… mais, à l'époque, ça restait de l'ordre de l'aparté. Aujourd'hui, on dirait que Bowie base toute sa production artistique là-dessus. Et qu'est-ce que je lis chez Manœuvre ? Que c'est magnifiiiique, super, géniaaaaal, ouaaaah, le grand retour ? Foutaises ! Arrêtez de lui lécher les bottes, un peu… Tout ça pour avoir des scoops, des infos en exclu - n'empêche, vous auriez au moins pu le prévenir qu'il ne faut pas aller chez Beigbeder, que ce mec est un crétin pur et dur, une crotte de nez verdâtre sur ton Kleenex® ultra doux, bref, la risée de la France entière. Non… il faut arrêter de déconner. Heathen est super bof. Il n'est pas non plus super nul. Juste un peu insignifiant dans ma collec'… Pas comme Hunky Dory, l'album le plus parfait jamais réalisé par un dieu, que j'ai en deux exemplaires (un pour moi, un pour prêter… Si. Mea culpa). Bon.

Pour Heathen, allez, je ne lui en veux pas, j'attends juste mieux, la prochaine fois. Ou plutôt, j'attendais mieux, parce que, oui, il y a eu du nouveau, depuis : ce fameux best of… Et là, j'ai retrouvé mon David, le vrai, le businessman, le roi du capitalisme : un exemplaire différent dans chaque pays, tout de même, vous imaginez les collectionneurs qui se sont rué sur celui du Japon…

Plus récemment, j'ai pleuré de joie. Vous l'avez deviné, l'anniversaire de Ziggy Stardust, et l'édition collector avec des inédits : la reprise de Brel, absolument mieux, amoureuse, déchirante, mais surtout, surtout, surtout, un morceau d'anthologie au même rang que Moon-age Daydream ou The Brewlay Brothers, un morceau que je veux que tu joues, David, à ton prochain concert, c'est à dire bientôt : Velvet Goldmine. C'est 3'04'' de pur bonheur, de béatitude, d'extase, c'était court, mais bon sang, qu'est-ce que c'était bon !

Aude_2003