Heathen
: Adj, n, païen, barbare, sauvage. Tout est dit.
Quand j'ai écouté le dernier album de David Bowie
pour la première fois, je suis devenue païenne,
barbare, sauvage : je ne croyais plus en rien
et j'avais envie de tout casser (surtout la gueule
à Tony Visconti). Bref ! Journée maudite. Et re-journée
maudite : comme j'étais une des premières à acheter
Heathen chez Gibert, j'ai eu une super grande
affiche en cadeau, que j'ai bien entendu oubliée
à Luxembourg RER B. Mais revenons à notre mouton.
Ca commence quand même pas mal. Tu te dis que
c'est une intro à la Pink Floyd : que ça va mettre
le temps pour démarrer, mais que quand ça va démarrer,
putain, ça va déchirer… Bon, là, ok, ça déchire,
mais pendant un quart de seconde et hop ! La chanson
est finie… C'était bon, mais… c'était court. Après,
c'est cactus… Tu sens la création, tu sens le
travail, la pureté, le génie de l'artiste, le
génie… des Pixies ! Et oui ! Bon, ok, la reprise
de Bowie vaut le coup, même carrément, mais… heu…
c'est quand même la meilleure chanson de l'album.
On peut résumer le reste en quelques mots : mélopée
stridente, barbante, bof. C'est la première fois,
la première fois, que je me suis vue profaner
un cd de Bowie, c'est à dire : lors de la première
écoute, zapper des chansons en plein milieu. Païenne.
Et puis sa voix… David, où as tu mis ta voix ?
Où as-tu mis ton ténébreux " grand control to
Major Tom " ? Au placard, Major Tom ! En fait,
le problème c'est que Bowie va trop dans les aigus.
On aimait, que dis-je, on adulait, ses embardées
stridentes, ses promenades dans les aigus, là
où la voix devient incertaine… mais, à l'époque,
ça restait de l'ordre de l'aparté. Aujourd'hui,
on dirait que Bowie base toute sa production artistique
là-dessus. Et qu'est-ce que je lis chez Manœuvre
? Que c'est magnifiiiique, super, géniaaaaal,
ouaaaah, le grand retour ? Foutaises ! Arrêtez
de lui lécher les bottes, un peu… Tout ça pour
avoir des scoops, des infos en exclu - n'empêche,
vous auriez au moins pu le prévenir qu'il ne faut
pas aller chez Beigbeder, que ce mec est un crétin
pur et dur, une crotte de nez verdâtre sur ton
Kleenex® ultra doux, bref, la risée de la France
entière. Non… il faut arrêter de déconner. Heathen
est super bof. Il n'est pas non plus super nul.
Juste un peu insignifiant dans ma collec'… Pas
comme Hunky Dory, l'album le plus parfait jamais
réalisé par un dieu, que j'ai en deux exemplaires
(un pour moi, un pour prêter… Si. Mea culpa).
Bon.
Pour Heathen, allez, je ne lui en veux pas, j'attends
juste mieux, la prochaine fois. Ou plutôt, j'attendais
mieux, parce que, oui, il y a eu du nouveau, depuis
: ce fameux best of… Et là, j'ai retrouvé mon
David, le vrai, le businessman, le roi du capitalisme
: un exemplaire différent dans chaque pays, tout
de même, vous imaginez les collectionneurs qui
se sont rué sur celui du Japon…
Plus
récemment, j'ai pleuré de joie. Vous l'avez deviné,
l'anniversaire de Ziggy Stardust, et l'édition
collector avec des inédits : la reprise de Brel,
absolument mieux, amoureuse, déchirante, mais
surtout, surtout, surtout, un morceau d'anthologie
au même rang que Moon-age Daydream ou The Brewlay
Brothers, un morceau que je veux que tu joues,
David, à ton prochain concert, c'est à dire bientôt
: Velvet Goldmine. C'est 3'04'' de pur bonheur,
de béatitude, d'extase, c'était court, mais bon
sang, qu'est-ce que c'était bon !
Aude_2003